A 20 heures, je n’applaudis pas, je réclame

Ne répétons pas les erreurs du passé. Ne laissons pas les applaudissements masquer les véritables besoins de notre système de santé.

Alors que la France est à nouveau confinée, tout se passe comme si aucune leçon n’avait été tirée de la première vague. Comme si le scénario de mars devait se reproduire, à l’identique, sans que rien n’ait été prévu ni préparé. Les professionnel·le·s du soin, à nouveau en première ligne, alertent pourtant depuis des mois – des années même –sur le manque de moyens accordés à notre système de santé, mais aussi sur les drames humains que cet abandon risque de causer.

Lors du premier confinement, nous avons salué l’action des personnels de santé et les avons applaudis tous les soirs à 20 heures pour les remercier de leur dévouement.

Mais le dévouement, s’il est l’honneur des personnels des services publics, ne saurait constituer une politique publique. C’est pourtant ce qui se profile : entre la première et la seconde vague, rien, ou si peu, n’a été préparé. Rien n’a été accordé aux professionnelles de santé pour leur permettre de faire face à cette nouvelle épreuve. Le gouvernement a bien tenté de détourner l’attention collective en promettant des médailles de l’engagement ou en organisant un Ségur de la santé, mais force est de constater que le compte n’y est pas.

Voilà pourquoi, à 20 heures, nous réclamons :

– La réouverture des 69 000 lits.

– La création de 100 000 postes dans les hôpitaux et une formation massive des soignant·e·s.

– Une hausse de salaire de 300 euros nets par mois pour tou·te·s les soignant·e·s.

– La reconnaissance et l’augmentation des professionnel·le·s du secteur paramédical, médico-social, du social et du handicap au même titre que tous les autres acteurs du soin.

– L’amélioration des conditions de travail, via notamment l’instauration d’une enquête annuelle dans chaque établissement médical sur le bien-être au travail.

– Un accompagnement des médecins libéraux, eux aussi en première ligne, avec notamment des aides à la téléconsultation.

– La révision du mode de financement à l’hôpital, la fin du «tout T2A» transformant l’hôpital en entreprise concurrentielle, et une augmentation de l’ONDAM.

Nous réclamons que ces mesures, parmi d’autres, fassent l’objet d’une véritable remise à plat de notre système de santé, dans le cadre d’un grand débat national, avec l’ensemble des professionnels de santé, élus, territoires, et collectifs de soignantes.

#Source: msn

(Visited 3 times, 1 visits today)

Articles Recents

LEAVE YOUR COMMENT

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *